L’ICES célèbre la Pologne

24/01/2019
L'ICES honore la Pologne

Toute la semaine prochaine, du lundi 28 janvier au vendredi 1er février, l’ICES honore la Pologne de Solidarnosc. Cinq jours durant lesquels se tiendront un colloque, des expositions et la projection d’un film sur Lech Walesa, syndicaliste sous l’URSS puis président de 1990 à 1995. Pierre-Étienne Penot, instigateur de la semaine polonaise nous partage son vif intérêt pour ce rassemblement.

Monsieur Penot, pourriez-vous vous présenter en quelques lignes ? Quel est votre lien avec l’ICES ?

M. Penot : Docteur en Histoire contemporaine, mes travaux portent essentiellement sur la Pologne, le communisme et les médias. Comme beaucoup, j’ai un attachement fort à l’ICES. Rattaché au département d’Histoire, j’enseigne à l’ICES depuis cinq ans avec un immense plaisir (Journalisme, Histoire de la santé, Affaires Culturelles, Journalisme politique). J’interviens auprès d’étudiants de divers départements et cela est très enrichissant. J’apprécie particulièrement la liberté et la confiance qui sont offertes à chacun au sein de l’ICES pour s’épanouir et construire des projets. Le dynamisme de l’établissement, notamment sur le plan de la recherche, donne envie de s’investir.

Vous ne revêtez pas un parcours ordinaire. Comment décrire votre jeunesse dans la Pologne des années 80 ? 

M.P : Effectivement, j’ai grandi à Varsovie dans la Pologne communiste des années 1980, sous le régime de la loi martiale du général Jaruzelski. J’ai passé huit années en Pologne. Mes premiers mots ont été prononcés en polonais. Mon cœur est en grande partie polonais car on reste toujours marqué par son enfance. La dictature communiste ne produit évidemment pas que de beaux souvenirs. La surveillance dont ma famille faisait l’objet quotidiennement, les tanks, la répression, les conversations téléphoniques contrôlées, les lettres ouvertes et censurées, l’inquiétude après Tchernobyl : tout cela frappe un enfant. J’avais toutefois la chance d’avoir un passeport français et de pouvoir rentrer en France voir la famille. Cela permet assez tôt de mesurer la chance que représente le fait de vivre en France. Nous n’en sommes collectivement sans doute pas assez conscients.

Vous avez contribué à l’organisation du colloque sur la Pologne qui commencera lundi prochain. Pourquoi mettre en place un tel événement ?

M.P : Cette année, nous allons fêter le 30e anniversaire de la chute des dictatures communistes d’Europe centrale et orientale. Sans l’incroyable opiniâtreté de Solidarnosc, jamais les événements de 1989 ne se seraient produits. Il s’agit donc, dans une période compliquée, de rappeler que cette histoire de Solidarnosc appartient au patrimoine européen. C’est aussi notre histoire puisque la France s’est passionnée pour la Pologne.

Dans ce cadre, j’ai donc proposé le thème de la Pologne de Solidarnosc, il y a 15 mois, au CRICES. L’enthousiasme de l’ensemble de notre communauté ICES pour ce projet m’a profondément touché. Cela m’a donné de l’énergie pour me lancer dans cette belle aventure.

Selon vous, en quoi cette semaine va-t-elle plaire aux étudiants ?

M.P : Les colloques universitaires ont plusieurs objectifs. L’un d’entre eux est assurément de permettre aux étudiants de prendre la mesure de ce qu’est la vie universitaire et d’assouvir leur soif de découvertes. L’événement autour de la Pologne de Solidarnosc propose des sessions classiques de rencontres scientifiques mais aussi des expositions et une soirée témoignages qui relève de l’histoire orale. Celle-ci est possible en histoire contemporaine et cela est assez évocateur en général pour des étudiants nés bien après la chute du Mur de Berlin. Il y a également une projection d’un film sur Lech Walesa, mercredi soir à 18h 30 au cinéma Le Concorde.

Enfin, les étudiants qui suivent les cours de Journalisme vont couvrir l’événement en réalisant articles et interviews. Cela leur permettra de faire du journalisme, de nouer des contacts et de découvrir le déroulement d’un colloque de plus près. J’espère que tous les étudiants de nos différents départements prendront du plaisir à découvrir ou redécouvrir cette révolution polonaise, qui, sous le patronage de Jean-Paul II, a permis de sortir du communisme de façon non-violente et victorieuse.

Information 28-30 janv. - Colloque - Solidarnosc et l’effondrement du communisme européen (1980-1989)