Portrait d'Éric Ghérardi : "Faire de l’étudiant un adulte responsable"

12/06/2019
ICES Ghérardi portrait professeur

Éric Ghérardi, maître de conférences HDR en droit public, est chargé de cours dans le département de droit de l’ICES, qu'il a créé en 1993.

Monsieur Ghérardi, pouvez-vous vous présenter ?

Je suis maître de conférences en droit public et j’interviens dans la filière Droit de l’ICES depuis sa création en 1993. J’ai un goût particulier pour les questions de méthode juridique et ai le plaisir d’essayer de le transmettre aux étudiants en droit de l’ICES depuis la première année jusqu’à la préparation d’examens et de concours en master 2.

Vous avez suivi des études de droit et de sciences politiques dans la région parisienne. Pourriez-vous dire qu’il s’agissait d’une vocation ?

Pas nécessairement d’une vocation consciente ! Ce fil conducteur m’a servi de guide, mais j’ai aussi accepté de tenter l’aventure lorsque des opportunités inattendues se sont présentées, depuis la mise en place de la filière Droit à l’ICES, alors que j’étais encore étudiant, jusqu’aux fonctions de direction de l’enseignement et de la recherche des Écoles de Saint-Cyr Coëtquidan. Accepter de se remettre en cause est le seul moyen de progresser et d’apprendre ; garder lucidement une idée précise des repères fondamentaux autour desquels on veut construire sa vie en est le nécessaire corollaire intellectuel et moral afin de ne pas s’égarer. 

Quels sont les différents métiers que vous occupez et quelle part prennent-ils respectivement dans votre emploi du temps ?

J’ai retrouvé depuis un an une activité d’enseignant-chercheur après 10 ans à la tête de la formation académique de Saint-Cyr. J’enseigne, consacre du temps à la rédaction d’articles et d'ouvrages, ainsi qu’à des missions administratives. Comme m’y autorise mon statut universitaire, j’exerce également, à titre subsidiaire, une activité de consultant dans le domaine du droit applicable à l’enseignement supérieur.

Pourriez-vous nous présenter, les problématiques sur lesquelles vous travaillez ?

Le travail de méthode juridique porte sur les principes fondamentaux du raisonnement et est appliqué aux évolutions récentes de notre droit. Mes travaux de recherche sont actuellement liés au cadre d’intervention des forces armées sur le territoire national, notamment dans la lutte contre le terrorisme. Mon activité de consultant concerne essentiellement le développement de l’enseignement supérieur dans les pays où les besoins en formation seront le plus criants au cours des quinze prochaines années.

Vous avez créé et dirigé le département de droit de l'ICES pendant plusieurs années. Dans quel contexte cela s’est-il fait ?

L’ICES a perçu toute la nécessité d’un enseignement du droit décliné autour des principes de l’établissement (travail en petits groupes, accompagnement individuel, mise en avant du sens des apprentissages techniques, etc.) et a investi ce champ abandonné par l’enseignement supérieur catholique depuis des décennies. Cela s’est révélé un succès immédiat. D’autres ont suivi depuis.

Quel est votre rapport avec l’ICES ? Quelles sont les raisons qui vous poussent à revenir chaque nouvelle rentrée ?

J’avais pu exprimer à l’occasion des 25 ans de l’ICES à quel point j’aime cet institut. Il permet de s’engager pleinement au-delà de la simple dimension académique. C’est un engagement humain beaucoup plus complet que le seul fait de dispenser un cours et qui vise à  transmettre au-delà de l’enseignement.

Avec votre expérience universitaire et le recul professionnel, pensez-vous que l’ICES, en tant qu’établissement d’enseignement supérieur, prépare les jeunes à leur avenir professionnel et personnel ?

L’ICES apporte précisément, à travers l’apprentissage du savoir mais aussi du savoir-être, ces clés qui permettent à l’étudiant de progresser sur tous les plans. Favoriser l’autonomie par le travail ou placer la formation dans une perspective humaine et une logique professionnelle sont autant de clés qui font de l’étudiant un adulte responsable et rapidement employable.

 

Propos recueillis par Maxime Corré